
Bonjour à tous !
Ici, Siem Reap au Cambodge où nous vivons nos derniers instants d’aventures en pays khmer après une grosse semaine partagée entre Phnom Penh, Battambang et les temples d’Angkor.
La culture khmère, et notamment l’architecture, est très impressionnante et bien différente de ses voisines (Vietnam et Chine). Cela nous laisse paraître à quel point ce peuple devait être puissant et influant en son temps ce qui révèle d’autant plus les « bienfaits » du communisme et de Pol Pot (abréviation en français dans le texte de Politicien Potentiel !). En dépit de leur histoire lourde, les Cambodgiens sont restés un peuple très gentil, particulièrement souriant et avenant ; d’autant plus que le tourisme en dehors de Siem Reap (Angkor) y reste marginal. Par contre, l’art culinaire khmer nous a un peu déçu : il est plus limité et moins parfumé que ceux que nous avons déjà testés ! On comprend aisément qu’il s’exporte moins bien que l’art culinaire vietnamien, chinois ou encore thaïlandais.
Nous nous donnons deux jours pour découvrir les splendeurs de Phnom Penh alors que la plupart des gens passe leur chemin pour rejoindre directement Angkor. On a bien fait ! La ville est tranquille et ressemble plus à une capitale provinciale dirigée par une puissante et riche communauté chinoise se déplaçant en 4x4 flambant neufs ! Marquée fortement par son passé colonial, la ville est parsemée de résidences anciennes et de noms de rues d’hommes Français célèbres (Pasteur, De Gaulle…) qui cohabitent avec l’héritage royale. Fait surprenant, le roi a été replacé à la tête du pays et habite encore aujourd’hui le Palais Royal, un magnifique ensemble de bâtiments jaunes, dorés et bleus incroyablement bien conservés. Malheureusement nous ne sommes autorisés à en visiter qu’une infime partie mais qui suffit à nous en mettre plein la vue : la salle du trône et surtout l’incroyable Pagode d’argent. Il s’agit d’un temple bouddhiste dont le sol est recouvert de véritables pavés d’argent de 5kg chacun qui abrite des dizaines de Buddhas dont un en or massif de 90kg recouvert de milliers de diamants, plusieurs en argent et pierres précieuses et un dernier en cristal de Baccarat. Ahurissant ! Devant tant de richesse et de splendeur, on ne peut s’empêcher d’y confronter l’incroyable pauvreté du pays que des centaines d’associations et l’ONU, l’OMS, l’UNICEF (…) peinent à alléger. Ironie du sort, cette pagode a été sauvée des khmères rouges par… Pol Pot lui-même, pour donner l’illusion à la communauté internationale d’un pays riche au passé et au futur glorieux.
Le masque finit de tomber à Battambang où nous choisissons de faire étape dans une des régions les plus marquées par les horreurs de la révolution agricole imposée entre 1975 et 1979. Accompagnés d’un guide, nous parcourons les environs découvrant la campagne florissante, rizières et temples perdus mais aussi lieux de tortures… Notre guide, seul survivant d’une famille de 11 enfants, nous raconte la survie sous le régime des khmers rouges par l’histoire de sa famille. Parfaitement trilingue, notre guide s’exprimait dans un français recherché et précis. Nous apprenons effectivement que sa famille appartenait à la classe riche et instruite de la bourgeoisie cambodgienne (ses parents étaient professeurs d’université en science humaine) et qu’il se destinait lui-même au professorat avant de voir son rêve brisé par les ambitions de Pol Pot. Nous comprenons alors que pour la plupart des survivants de ce milieu là, le tourisme est la seule façon de se recycler et d’utiliser leur instruction dans un pays encore très fébrile. Le régime politique indéfini, toujours aussi corrompu et constitué de royalistes et d’anciens khmers rouges (en toute impunité) fragilise un pays qui possède déjà peu d’armes pour survivre dans une économie moderne.
Pourtant, tel l’empire byzantin, la civilisation grecque ou l’empire Inca, Angkor a en son temps (du 10ème au 14ème siècle) rayonné sur pratiquement toute l’Asie du Sud Est, de Myanmar à l’Indonésie en passant par le Vietnam et la Thaïlande. A l’heure où Londres n’était qu’une petite bourgade de 50 000 habitants, Angkor comptait plus d’un million d’habitants et était doté d’un réseau d’irrigation développé, de routes, d’écoles et d’hôpitaux.
Redécouvert par les français au 19ème siècle, les temples avaient été complètement engloutis par la jungle. La plupart en ont été dégagée mais certains temples restent prisonniers des racines d’arbres centenaires. Extrêmement impressionnant ! Comprenant plusieurs dizaines de temples, le site est gigantesque et se visite sur plusieurs jours à vélo ou à touk-touk. Certaines gravures sont tout simplement magnifiques et d’une finesse d’exécution exceptionnelle ! Après trois jours de visites intensives, et plusieurs centaines de marches, nous prenons un jour de repos pour digérer.
Nous avons finalement décidé de renoncer au Laos pour cette fois, afin de consacrer plus de temps au Cambodge et à la Thaïlande. Nous serons donc demain sur la route de Bangkok et serons en Thaïlande pour 2006 !
On se retrouve pour les fêtes de fin d’année. D’ici là, prenez soin de vous et profitez bien !
BPz.
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